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L'arche de Jersey

 

gorilla_webLes bêtes sauvages, c'est très tôt le matin qu'il faut s'en approcher. Vous descendez une allée pentue longeant le manoir des Augrès. Vous saluez, à droite, dans une obscurité qui vous ramène avant l'aube, le aye-aye aux yeux d'ambre et au doigt crocheteur, si aigu et long qu'ils est associé, dans la légende malgache, aux griffes sataniques. Vous passez un porche, visitez encore - toujours dans la pénombre - les roussettes géantes de l'île Rodrigue, chauves-souris dont l'envergure atteint un mètre cinquante, puis vous dites adieu à l'obscur, vous sortez pour de bon, vous glissez vers le pastel.

La vallée est délicieusement creuse, la rivière est encore noyée d'une brume opaline d'où émerge le pourpre d'un magnolia colossal. Les grues à couronne, les faisans du Chili, les oies hawaïennes ne bronchent guère quand monte, d'un coup, la clameur des lémuriens qui se chamaillent, sur la droite. De l'autre côté de l'eau, juste en face, les loups à crinière mordorée, les loups du Brésil et du Paraguay dont les jambes sont si longues qu'ils galopent en dansant dans les herbes, sont de sortie avec leurs petits. Ils ont la réputation d'être réservés, émotifs. Plus tard, ils se cacheront jusqu'au soir. D'arbre en arbre, suivant des fils de chanvre, des tamarins d'Amazonie se baladent - libres, si libres qu'il faut leur apprendre à se méfier des mouettes.

En grimpant sur l'autre rive, derrière la petite maison des loups, voici l'immense demeure des orangs-outans de Sumatra, demeure en bois qu'ils partagent avec les gibbons aux mains blanches. Par un pont, elle débouche sur une très grande île hérissée de troncs. Tous les six mois, une vaillante équipe de recrues militaires s'en vient modifier l'entrelacs de cordages qui relient ces derniers, ponctués de hamacs et de vigies : il ne faut pas que les hôtes du lieu s'enlisent dans la routine.

Et tout près des orangs-outans, si près que chacun peut jouer en regardant l'autre, les mêmes cordes et le même bois offrent aux enfants des hommes balançoires, tunnels et agrès. Car les enfants des hommes, eux aussi, ont droit de se distraire et, ce faisant, de distraire les singes. Comme Alice, vous êtes aux frontières du miroir.

Tout esprit rationnel songe que ces animaux (encore la collection complète est-elle autrement riche) sont ici « déplacés », dans tous les sens du terme. L'île de Jersey, 116 kilomètres carrés, émerge au plus furieux des courants de la Manche, là où le marnage - la différence entre les hautes et les basses eaux - détient le record du monde. Victor Hugo, qui a eu le temps d'étudier la question en dix neuf ans d'exil anglo-normand, parlait des écueils locaux comme des « assassins de la mer ». Il parlait d'or. Franchement, sans même évoquer l'interdiction absolue d'importer ou d'exporter tout être vivant pourvu de sabots, créer un zoo dans un endroit pareil, était-ce bien raisonnable ?

Singulier endroit, en effet, et très beau. Les Britanniques (huit touristes sur dix, Jersey est résolument tournée vers la maison mère) le considèrent comme un ersatz de riviera, avec un exotique avant-goût de France, sans descendre si bas. Les Rolls Royce abondent en la paroisse de Saint Brelade, l'église Saint Matthew est signée Lalique, et le seuil d'imposition le plus élevé n'excède pas 20 %. Ce qu'on appelle, dans les guides touristiques, un microclimat.

Telle est la façade. Suave, tiède comme le Gulf Stream. Quant à l'arrière-cour, c'est une autre affaire. Des plaques discrètes sur des immeubles anonymes, des sociétés anonymes abritées par ces mêmes immeubles. Un petit État rattaché à la Couronne mais détaché de Bruxelles.

Hospitalière, Jersey ? Elle vous couvre de fleurs. Mais si vous avez l'intention d'y travailler, et plus encore d'y prendre racine, cela devient compliqué : il faut dix-huit ans de résidence avant d'obtenir le droit d'acheter le moindre gîte, et dix personnes par an, maximum, ont quelque chance d'obtenir leur naturalisation - si elles justifient un patrimoine de dix millions de Livres.

Question : pourquoi Ya Kwanza (ce qui signifie « le premier », en swahili), gorille des lowlands, dont les ultimes semblables habitent les monts Viranga, aux confins de l'Ouganda, du Rwanda et du Zaïre, a-t-il obtenu droit de cité, en juin 1993, non loin de Trinity Church, et dispose-t-il, avec sa famille, de 2000 mètres carrés aussi rares que chers et dotés d'une vue imprenable sur les champs de jonquilles ?

La réponse se confond avec la vie d'un homme, Gerald Durrell, mort en 1995. Jersey, dans cette little_grenouilles_bleu_web_jpegvie, n'est qu'une heureuse coïncidence. Mais Ya Kwanza, sûrement pas. Chez Durrell, l'ailleurs fut à la fois origine et destination. Et le comble de l'ailleurs, de l'autre, du voyage chimérique, c'était pour lui l'animal sauvage et le mystère de sa sauvagerie. « Gerry » est né en 1925 à Jamshedpur (son grand frère, Lawrence, lui, avait vu le jour à Darjeeling), mais il a grandi à Corfou - l'île bien-aimée, l'arche matricielle - après la mort de son père. La famille était assez fortunée et totalement fantaisiste, témoignant d'un sens vertigineux de l'impromptu, et soudée autour d'une mère tendre et alcoolique. Gerald Durrell, le petit dernier des quatre enfants, aurait été jugé irrécupérable par le système scolaire moderne. Ne voulant ou ne sachant se plier à l'exercice convenu, il se réfugiait auprès des bêtes, même pas les grandes, les chiens, les ânes, mais auprès des secrètes, des répugnantes, les araignées, les vers, les scorpions. « Je crois, dit sa veuve, Lee, que le monde des animaux, celui des serpents ou des oiseaux, était à ses yeux le seul qui le laissait libre de s'investir ou de se désinvestir, de se taire ou de parler, de se montrer ou de se cacher, de se soumettre ou non à l'attention d'autrui. »

Autodidacte, dandy - Lawrence lui avait montré le chemin -, fort en gueule et introverti, doué d'un humour dévastateur et d'un culot à l'avenant, Gerald Durrell, sitôt majeur, dépense tout son héritage pour monter des expéditions au Cameroun, puis en Argentine. Il n'achète pas des animaux rares, il va les chercher lui-même, crapahutant dans la forêt ou la montagne, attrapant en chemin toutes les amibes et toutes les malarias, partageant joyeusement et sans modération le whisky avec les chefs locaux. L'animal rare, pour lui, n'est pas un guépard dont la robe serait particulièrement seyante. C'est aussi bien une grenouille poilue. Car il refuse le culte du joli, l'instrumentation décorative, la mièvrerie ordinaire. C'est mignon, les jeunes animaux, observe-t-il, mais c'est quand même ce qui est le plus difficile à nourrir et à soigner.

Continuellement fauché, obstinément épris de luxe, Gerald Durrell trouve la parade : il se met à écrire. « Larry », et pour cause, est l'écrivain officiel de la famille. Mais les récits de « Gerry », où le documentaire, l'aventure et l'humour se combinent, connaissent un succès comparable aux romans du grand homme (lequel rédige la préface de My family and other animals, évocation de l'enfance à Corfou). Toute sa vie, ce sera la même histoire : un compte en banque qui plonge dans le rouge, et un livre (plus tard, des émissions) qui éloigne la faillite.

Succès de conteur et d'humoriste ? Pas seulement. Durrell « frère » a quelque chose à dire. Une protestation et un désir.

Très vite, chez lui, l'instinct du chasseur s'est émoussé. C'est autre chose qui le meut. Il décide de fonder son propre zoo. Un zoo différent. A commencer par la méthode qui n'est guère classique. Au lieu de repérer un territoire et de le peupler ensuite, il entrepose ses animaux chez sa sœur Margo, à Bornemouth, en attendant de trouver un point de chute. Et cela dure... deux ans.

La chose vient par hasard et par nécessité. Un ami de son éditeur possède une propriété à Jersey et se déclare prêt à la louer. Pourquoi pas ? Le manoir est beau, les dépendances nombreuses. Et le terrain est vallonné, rien à voir avec les zoos plats comme une limande où les bêtes sont parquées en rangs d'oignon. Durrell négocie, emprunte, tanne les banquiers, cherche ce qu'on appellerait aujourd'hui des « sponsors ». Et il se lance, en 1959, avec une petite équipe de bricoleurs passionnés. Bien que ce ne soit pas son tempérament profond, il bat les estrades, propose à tel ou tel partenaire fortuné « d'acheter » un bras ou une jambe de gorille, jusqu'à ce que l'animal entier soit financé. « L'intendance suivra » est sa devise inavouée, si ce n'est aux tout proches. Le plus fort, c'est qu'elle suit, cahin-caha.

Les scientifiques et les directeurs des « grands » zoos regardent avec condescendance cet aventurier bateleur, exempt du moindre diplôme, qui s'en vient leur faire la leçon, qui soutient que c'en est assez d'exhiber les bêtes comme des choses, comme des « attractions ». Pour annoncer la couleur, Gerald Durrell, aux portes du parc, érige deux statues d'un animal inconnu, et pour cause : le dodo, un gros oiseau originaire de la Réunion et de l'île Maurice, un peu lourd, au col recourbé, dont le dernier spécimen a été aperçu au XVIIè siècle (le dessin du volatile est également intégré aux grilles du manoir). Voilà, proclame-t-il, ce que doit devenir, maintenant, tout jardin zoologique : une arche, un havre pour les animaux en voie de disparition ou d'extermination. Il va plus loin. L'enjeu n'est pas seulement d'abriter des chefs d'œuvre en péril, mais de favoriser leur reproduction afin que, contre vents et marées, l'espèce perdure. Ainsi naît le parc de Jersey, annoncé par un slogan provocateur : « le zoo qui n'est pas une zoo... »

Durrell et son équipe avertissent le public : les bêtes que vous allez voir ne sont pas ici because they are cute but because they are rare (« parce qu'elles sont craquantes mais parce qu'elles sont rares »). Ils savent bien que les gorilles attirent les foules. Mais Durrell plaide pour ce qu'il nomme ses little brown jobs, ces « petits machins brunâtres » auxquels personne ne s'intéresse, tortues minuscules, couleuvres oubliées, oiseaux faussement anodins, rats sauteurs nocturnes. Est-ce donc si grave qu'un de ces « petits machins » soit à jamais rayé de la nomenclature ? Oui, tonne Durrell avec une sorte de rage et quelquefois de désespoir. Oui, parce que nous sommes capables de re-fabriquer une fusée, de restaurer une pyramide ou une cathédrale, de copier un tissu ancien. Mais pas une minuscule grenouille bleue d'Amérique centrale, parfaitement cute bien que son poison s'avère foudroyant, si elle est supprimée, une fois pour toutes, du règne vivant. « En un sens, lui arrivait-il de répéter, le zoo idéal n'aurait plus besoin de public. »

Le père fondateur est mort. Étourdissant et tyrannique, il a déclenché une révolution culturelle qui n'est pas une mode, un état d'âme, une figure du « politiquement correct » : grâce notamment à lui et à ses héritiers, notre rapport à l'animal sauvage ne sera plus jamais ce qu'il était, et les montreurs d'ours deviendront une espèce menacée. Grâce à lui, les zoos se sont sentis coupables.

A Jersey, quarante cinq ans après sa création, le zoo n'a pas été fermé au public, loin s'en faut : 150 000 visiteurs s'y présentent annuellement. Mais il n'est plus qu'un des piliers du « Durrell Wildlife Trust », fondation à but non-lucratif dont la finalité est d'assurer la préservation, la reproduction et la réinsertion des espèces menacées. Non seulement sur place mais à travers la planète.

Il est plus riche, le zoo, plus beau, quoique non bénéficiaire, dépendant pour partie des dons et legs généreux. Sans même songer à ceux qu'ils héberge, on s'y promènerait pour la seule splendeur du jardin. « L'idée initiale, explique Caryl Kemp, en charge du paysage, était d'associer aux espèces la flore qui leur correspondait. C'est pourquoi nous avons beaucoup d'essences d'origine lointaine. Nous n'avons pas abandonné cette piste, mais notre réflexion va maintenant dans un autre sens : attention à l'exotisme, attention à la mise en scène dont beaucoup de zoos font aujourd'hui leur spécialité. Nous sommes installés sur cette île, les arbres et les fleurs y sont beaux, restons authentiques, ne fabriquons pas une fausse jungle. »

C'est plus fort qu'eux, à Jersey, il faut qu'ils se démarquent, il faut qu'ils proclament leur différence. Qui d'autre a eu l'idée de créer une ferme bio produisant elle-même l'alimentation des animaux ? « Le but n'est pas de faire des économies, dit Mick Balleinne, le fermier, mais d'élever des plantes qu'on ne trouvera jamais au marché... » Qui d'autre a flanqué le jardin zoologique d'une sorte de faculté sauvage, centre de formation (dont la validité scientifique est attestée par la prestigieuse université de Kent) qui a hébergé, à cette heure, plus d'un millier de stagiaires venus d'une centaine de pays ?

Gerald Durrell avait fourni l'impulsion. La démonstration est faite que des espèces rares se reproduisent en captivité, ce qui relève de l'art autant que de la science : on n'imagine pas combien il est difficile de recréer un univers d'accueil, combien il est nécessaire d'observer le comportement intime et social de l'animal pour que ce dernier engendre des petits - le zoo héberge des groupes, des familles, et non des spécimens. Glyn Young, Mr Duck, était prêt à travailler la nuit si les sarcelles malgaches dont il a recueilli sur place les derniers exemplaires s'étaient avérées de tempérament nocturne (il les aime tant, ses canards, qu'il a prénommé ses filles de noms d'oiseaux). Richard Johnson Scott, l'homme des gorilles et des orangs-outans, explique que Ya Kwanza est de caractère timide, qu'il lui faut du temps pour s'affirmer, pour se faire admettre des femelles, qu'il avait une rude succession à assumer après la mort subite du précédent mâle dominant, Jambo - dont la statue de bronze jouxte le territoire des grands primates, mais hors de la vue de Ya Kwanza. « Quand Jambo est mort, dit Anne Thomasson, chef biologiste, j'ai perdu un ami. Et quand j'ai su qu'une femelle gorille était enceinte de Ya Kwanza, quand j'ai eu sous les yeux le résultat du test, j'ai gardé l'information pour moi pendant dix minutes, le temps de la savourer ! »

iguanes_web_jpegIls parlent tous avec une passion qui n'est pas feinte. Jane, aux milieux de ses lémuriens à collerette rouge qui prennent le soleil bras écartés, jouisseurs. Matt, venu du sud de l'Allemagne, a renoncé à la chaire universitaire qui l'attendait là-bas pour étudier les reptiles et amphibiens rassemblés à Jersey, en compagnie de Kevin, maître ès boas de la Jamaïque, iguanes des Caraïbes, vipères aux cils jaunes, ou « poulets » (grenouilles géantes) de Montserrat qui faillirent tous périr dans une éruption volcanique. Dom, le sauveur des tamarins lions, dorés ou noirs (le Trust a carrément acheté un fragment de forêt à Bahia, car l'espèce compte parmi les vingt cinq plus menacées), est en liaison permanente avec des équipes brésiliennes.

« Le style de la maison, affirme Quentin Bloxam, directeur de l'établissement, ce ne sont pas les soigneurs traditionnels qui balaient les cages. Chaque keeper est diplômé d'université, pratique l'informatique, voyage. Notre équipe d'encadrement comprend une cinquantaine de personnes. Nous logeons nous-mêmes les arrivants puisque sur l'île, ce n'est pas simple. Nous offrons des salaires un peu supérieurs au marché. Mais nous sommes petits et nous le resterons, le tourisme stagne à Jersey, et notre développement ne consiste pas à grandir pour grandir. Nos keepers sont chassés par les grands zoos. Dans les conférences internationales, on se demande encore comment nous avons pu dégoter les meilleurs spécialistes des tortues ou des ouistitis. »

Effectivement, l'intuition de Gerald Durrell s'est confirmée. Mais le concept évolue. John Hartley, qui fut le compagnon, l'ami et le porteur d'eau du père fondateur, vient de prendre sa retraite et mesure le parcours. « Autrefois, raconte-t-il, les choses se faisaient presque par accident, au gré des voyages de Gerry. On passait de l'île Maurice à la Jamaïque, et ainsi de suite. Nous avons progressé, nous nous sommes nous-mêmes placés devant des choix stratégiques. D'abord conserver des animaux. Ensuite les réintroduire dans leur milieu d'origine. Mais ça ne suffit pas : réintroduire est une opération fragile, le milieu change, l'animal lui-même s'est modifié. L'étape présente consiste à sortir, à travailler sur place, avec les gens du cru. Au Brésil, les tamarins auraient tous disparu sans des couloirs forestiers reliant les espaces encore plantés d'arbres, et ces couloirs n'existeraient pas sans le soutien des paysans locaux. »

L'avenir est là, il sont tous d'accord sur ce point. Le zoo est un cocon, un refuge. Mais l'avenir est dehors, au loin. Mark Stanley Price, directeur général du Trust depuis 2001, vient de Nairobi, au Kenya, et a fait ses preuves en Namibie, aux Seychelles, en Érythrée. Un homme qui ne goûte ni la révérence ni la routine. « Nous ne sommes pas des collectionneurs de timbres, proclame-t-il, nous développons un processus. Beaucoup de zoos sont aujourd'hui passionnés par la conservation. Mais que devient leur savoir-faire, combien investissent-ils dans sa divulgation ? Peanuts ! Nous, qui sommes les meilleurs en matière de conservation, nous consacrons un quart de notre budget à la promotion de projets locaux, à une formation qui doit tenir compte de son contexte social et politique. Décidément, ce n'est pas une collection spectaculaire que nous voulons. Nous sommes mûrs, je crois, pour abandonner le mot zoo. »

Qu'est-ce qui les fait courir, tous ces passionnés ? Pourquoi se précipitent-ils au secours d'un ibis red_ruffed_lemur_web_jpgnoir dont personne n'a cure ? Pourquoi répètent-ils en plaisantant que les VIP de Jersey sont ses very important primates ? Lee Durrell, directrice honoraire du Trust, certifie qu'elle n'est pas « militante », qu'elle n'anime pas un « lobby », et que rien ne lui est plus étranger qu'une appropriation anthropomorphique de l'animal sauvage. « Les animaux n'ont pas de nom, dit-elle, respectons leur sauvagerie. Mais je n'oublie pas que leur fréquentation nous enseigne ce qui fonde la communauté des vivants. »

Sur un caillou fleuri, contre vents et marées, de drôles de gens et de drôles de bêtes se sont donné rendez-vous. Ils cultivent des myrtilles pour le dessert des lémuriens. On se sent plus humain en retournant au port.


Pour Geo, mars 2004.
Peintures d'Anne Smith